Coopération régionale : La CEDEAO donne son feu vert au Gazoduc Africain Atlantique Nigeria–Maroc

Maroc

Les États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont approuvé le projet de Gazoduc Africain Atlantique Nigeria–Maroc. La signature de l’Accord intergouvernemental (IGA) est intervenue hier, dimanche 20 juillet à Freetown, en Sierra Leone.

Long d’environ 6 800 kilomètres et estimé à près de 25 milliards de dollars américains, ce projet d’infrastructure énergétique vise à acheminer le gaz naturel nigérian vers le Maroc, avant son raccordement au réseau gazier européen.

Le projet est mis en œuvre par l’Office national des hydrocarbures et des mines du Maroc (ONHYM) et la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC Ltd.). Il a été lancé à l’initiative de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et de l’ancien président nigérian, feu Muhammadu Buhari, et bénéficie aujourd’hui du soutien du président nigérian Bola Ahmed Tinubu.

La société chargée de la gestion du projet sera établie à Casablanca, tandis que la Haute Autorité du Gazoduc (Pipeline Higher Authority) sera basée à Abuja. Cette étape sera suivie de la mobilisation des investisseurs et de la préparation de la décision finale d’investissement, selon les informations disponibles.

Le processus sera finalisé par la signature de l’accord entre le Royaume du Maroc et la République islamique de Mauritanie, qui n’est pas membre de la CEDEAO. Cette cérémonie se tiendra ultérieurement en présence du président de la République fédérale du Nigeria.

Une fois achevé, le gazoduc traversera treize pays situés le long de la façade atlantique africaine avant d’être relié au Gazoduc Maghreb-Europe, dans le nord du Maroc.
L’infrastructure disposera d’une capacité de transport de 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an. Environ 15 milliards de mètres cubes seront destinés au Maroc et au marché européen, tandis que le reste alimentera les marchés régionaux d’Afrique de l’Ouest.

Au-delà de son rôle énergétique, le projet ambitionne de créer un marché régional intégré du gaz naturel en Afrique de l’Ouest, de soutenir la production d’électricité, de favoriser l’industrialisation et de mieux valoriser les ressources naturelles du continent. La mise en service du premier tronçon est attendue au début de la prochaine décennie. Initialement conçu comme un projet stratégique bilatéral entre le Maroc et le Nigeria, le Gazoduc Africain Atlantique est désormais devenu un projet régional porté par l’ensemble des pays d’Afrique de l’Ouest.

L’adhésion des États membres de la CEDEAO renforce ainsi les fondements politiques et institutionnels du projet, tout en consolidant la vision des deux pays initiateurs, qui considèrent la sécurité énergétique comme un levier essentiel de souveraineté, d’industrialisation et de prospérité partagée en Afrique. Le projet s’inscrit également dans la dynamique d’intégration du continent africain.

L’ONHYM et la NNPC Ltd. ont par ailleurs annoncé que la majeure partie des études techniques, environnementales et d’ingénierie est désormais achevée. À la suite de la signature de l’accord entre le Maroc et la Mauritanie à Rabat, le projet peut ainsi entrer progressivement dans sa phase de développement opérationnel.