Santé sexuelle et reproductiveLes jeunes appelés à mieux connaître leurs droits

La jouissance des droits et de la santé sexuelle et reproductive par les femmes, en particulier les adolescentes et les jeunes, reste encore très limitée. La stigmatisation des adolescents et des jeunes demeure très présente au sein de la société, des familles et même de la part de certains agents de santé, en ce qui concerne l’accès à ces droits et services de santé sexuelle et reproductive.Face à cette situation, l’organisation Ipas Afrique Francophone a organisé un atelier destiné aux jeunes de moins de 25 ans à Antaninarenina, le mercredi 4 mars dernier. Le thème principal de cette rencontre portait sur le renforcement des droits sexuels des jeunes.

« La loi 2017-043 donne aux jeunes le droit de bénéficier pleinement de ces services, notamment à travers l’accès à des informations complètes et correctes. Il ne s’agit pas seulement de leur apprendre, par exemple, la gestion des menstruations, mais aussi de leur fournir toutes les informations nécessaires concernant la santé sexuelle et reproductive. La loi garantit leur droit d’y accéder. Lorsque les adolescents et les jeunes ressentent également le besoin de ces services, ils ne doivent pas être rejetés lorsqu’ils se rendent dans un établissement de santé, mais doivent être accueillis comme toute autre personne bénéficiant de ces services, sans discrimination », a souligné Ravololomboahangy Holisoa, responsable plaidoyer au sein de Ipas Afrique Francophone.

Il convient également de rappeler que l’accès aux services de planification familiale ne nécessite pas l’autorisation des parents, du conjoint ou d’un membre de la famille. Il s’agit d’un droit que les adolescents et les jeunes doivent pouvoir exercer, tel que stipulé dans la loi 2017-043.

Outre la vulgarisation laet le renforcement des connaissances sur cette loi relative aux droits et à la santé sexuelle et reproductive ainsi qu’à la planification familiale, l’atelier a également abordé la question des mariages précoces, c’est-à-dire les mariages impliquant des enfants avant l’âge de 18 ans. Les pratiques et coutumes constituent en effet encore l’un des principaux obstacles empêchant les enfants, les adolescents et les jeunes de jouir pleinement de leurs droits en matière de santé et de santé sexuelle et reproductive.

« Toutes les traditions ne sont pas mauvaises. Il existe de bonnes pratiques au sein de la société et celles-ci doivent être encouragées. Cependant, certaines pratiques portent atteinte aux droits humains, en particulier à ceux des jeunes, comme le mariage précoce des enfants. Il n’est pas acceptable qu’un enfant se marie avant l’âge de 18 ans. Lorsqu’il est difficile de changer la mentalité des parents, il est préférable de sensibiliser le jeune concerné et de lui faire savoir qu’il a le droit de refuser. Le mariage précoce peut entraîner des problèmes de santé et exposer l’enfant ou l’adolescent à des violences au sein du foyer, en raison de l’immaturité liée à son jeune âge », a-t-elle ajouté.

Il est à noter que cet atelier, intitulé « Les droits et la santé sexuelle et reproductive et la vie des jeunes », a été organisé dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée hier, 8 mars.