Rafelantsoa Laingotiana :Douze ans au service des femmes enceintes et de la planification familiale

Rasazy

Rafelantsoa Laingotiana est une mère de famille engagée dans l’accompagnement des femmes enceintes, aussi bien lors de l’accouchement que dans l’accès à la planification familiale. Âgée de 32 ans, elle est mariée et mère de trois enfants. Elle exerce le métier de sage-femme depuis douze ans, après avoir suivi une formation paramédicale de trois ans. Elle travaille au CSB de Manandriana ainsi que dans un centre de santé privé à Tsarafara, tous deux situés dans le district d’Avaradrano.
« Après l’obtention de mon baccalauréat, j’ai commencé les études de médecine, puis j’ai décidé de m’orienter vers le paramédical après avoir été convaincue et encouragée par mes parents. J’ai terminé mes études en 2014 et je me suis immédiatement engagée dans la vie professionnelle », raconte-t-elle.

Selon ses explications, la formation en gestion était initialement le domaine qu’elle souhaitait suivre. Toutefois, ses parents aspiraient à la voir devenir soignante, d’autant plus que c’était le jeu qu’elle pratiquait le plus durant son enfance. Après discussion et persuasion mutuelle, la décision fut prise qu’elle deviendrait professionnelle de santé.
« C’est seulement durant mon stage que j’ai commencé à aimer ce métier. En prenant soin des femmes enceintes et des enfants, en constatant progressivement des résultats positifs, j’y ai trouvé du plaisir, ce qui m’a beaucoup motivée », ajoute-t-elle.

Le métier de sage-femme n’est pas facile, mais il lui apporte néanmoins beaucoup de satisfaction, selon Rafelantsoa Laingotiana. Comme tout métier, il exige de la volonté, de la force mentale et surtout des compétences. Parfois, des situations imprévues surviennent dans l’exercice de la profession, ce qui est toujours source d’angoisse, explique-t-elle. « Le plus difficile, c’est de travailler la nuit pour faire accoucher alors qu’on a encore des enfants en bas âge. Le travail doit être accompli alors que le bébé pleure sans cesse dans la salle de garde. Sur le plan professionnel, il est également très pénible et douloureux d’assister à un accouchement d’un enfant mort-né ou handicapé. Le sentiment maternel ressort fortement dans ces moments-là. En revanche, il y a toujours de la joie lorsque le travail est accompli, notamment lors de la naissance de jumeaux ou lorsqu’une complication imprévue est finalement surmontée avec succès », confie-t-elle.

Rafelantsoa Laingotiana ne prend pas uniquement en charge des femmes déjà engagées dans le processus d’accouchement, mais elle a également fait accoucher des mineures âgées d’environ 15 ans. Selon elle, ces jeunes filles présentent des profils variés. Certaines accouchent plus facilement car elles ont une constitution physique et mentale suffisante et, par crainte de leurs parents, se montrent calmes et disciplinées face à l’accouchement. D’autres, rencontrent de grandes difficultés du fait de leur jeune âge, de leur faible constitution physique, de l’immaturité de leurs organes et de leur manque de préparation psychologique à l’accouchement. Ces situations entraînent souvent des complications nécessitant une intervention chirurgicale.

Il est à noter que Rafelantsoa Laingotiana fait principalement accoucher les femmes qu’elle a suivies depuis le début de la grossesse. Toutefois, elle précise qu’en cas d’urgence vitale, elle intervient toujours. Elle souligne néanmoins que la prise en charge d’une femme suivie dès le départ permet de limiter les imprévus et les risques. L’accès aux soins en matière de droits et de santé sexuelle et reproductive constitue, par ailleurs, un droit fondamental pour toute personne, y compris les femmes enceintes, conclut-elle.