
La lutte contre les grossesses précoces et les violences sexuelles revient au cœur des priorités à Ambavahaditokana. Le Chef de la Zone d’Administration Pédagogique (ZAP) d’Ambavahaditokana Itaosy, Holinjanakiniaina Randrianambinintsoa, plaide pour l’intégration approfondie de l’éducation sexuelle dans les programmes scolaires. Selon lui, une meilleure information des élèves sur leurs droits sexuels constitue un outil essentiel pour prévenir les grossesses non désirées et limiter les abandons scolaires chez les jeunes filles.
Il rappelle que de nombreux cas de décrochage sont directement liés à des grossesses précoces, souvent provoquées par un manque de connaissance et de sensibilisation dès le plus jeune âge.
De son côté, l’ONG Tsaramanasoa confirme l’urgence de renforcer les actions de prévention. Sa présidente, Patrice Ranaivoson, souligne que les femmes et les enfants demeurent les principales victimes de violences au sein des foyers et des communautés. Attouchements, agressions et viols figurent parmi les cas les plus fréquemment enregistrés. Elle déplore également que la peur ou l’absence de soutien empêche encore de nombreuses victimes de porter plainte, limitant ainsi les possibilités de sanctionner les auteurs.
Dans cette dynamique, la Commune d’Ambavahaditokana et l’ONG Tsaramanasoa ont organisé, le 21 novembre, un atelier dédié aux violences basées sur le genre, au planning familial et aux droits sexuels et reproductifs. L’objectif est d’outiller les associations de femmes et les acteurs du secteur éducatif afin qu’ils puissent relayer les informations au niveau des fokontany. « Les participantes auront la responsabilité de diffuser les messages de prévention au sein de leurs localités », a indiqué Mamy Victorine Andranjafitrimo, adjointe au maire.
Parmi les bénéficiaires, Hanintriniaina Rasoavelomanana, membre des commissions communales de la santé et des affaires sociales, témoigne rencontrer régulièrement des cas de violences visant les femmes et les enfants. Elle précise qu’au-delà de l’accompagnement moral, elle assiste aussi les victimes dans leurs démarches auprès des forces de l’ordre afin que les plaintes aboutissent.
L’ONG Tsaramanasoa affirme enfin poursuivre son engagement aux côtés des organisations de la société civile et du ministère en charge de la Population pour lutter contre les violences domestiques et communautaires, encore largement répandues dans plusieurs localités du pays.