Loi n° 2017-043 sur la santé de la reproduction: La sensibilisation des jeunes, un enjeu majeur de prévention

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La majorité des jeunes interrogés ont déclaré ne pas connaître l’existence de la loi sur la santé de la reproduction et la planification familiale, ou loi n° 2017-043. Pourtant, cette loi, adoptée en décembre 2017, regroupe l’ensemble des droits que chaque individu doit connaître et exercer en matière de santé de la reproduction ainsi que de planification familiale. Les mineurs y sont également concernés. La loi n° 2017-043 comprend sept chapitres et 31 articles.

Avec l’essor de la technologie et le phénomène de mondialisation, la plupart des adolescents et des jeunes sont enclins à l’expérimentation. Parmi les comportements auxquels ils sont exposés figure l’entrée précoce dans la vie sexuelle. Dès l’âge de 13 ou 14 ans, certains adolescents commencent déjà à s’y intéresser. C’est précisément pour ces raisons qu’il est important que tout le monde, y compris les mineurs, connaisse l’existence de cette loi, afin de prévenir les grossesses précoces et non désirées, qui aboutissent souvent à des avortements, par peur des parents et du regard de la société. Dans certains cas, l’ignorance conduit même à des pertes en vies humaines.

Parmi les dispositions prévues par cette loi figure notamment le droit, pour chacun, d’être informé sur la planification familiale, considérée comme le premier moyen de prévenir les grossesses non désirées. Tout individu, sans distinction d’âge, a également le droit d’accéder à l’information et à l’éducation concernant les avantages, les risques et l’efficacité de toutes les méthodes contraceptives.

« C’est un élément important dans la vie des adolescents et des jeunes, et il devrait être diffusé par tous les moyens possibles. Les parents ne devraient pas être réticents à ce sujet, car cette loi parle avant tout de prévention », a déclaré Andrianarison Carole Daniela, étudiante de 19 ans.

Les propos d’Andrianilaina Sariaka Mendrika Ankasitrahana, 20 ans, vont dans le même sens. Elle estime que cette loi devrait être portée à la connaissance de tous les adolescents dès le collège. La sensibilisation devrait également se poursuivre au niveau des fokontany afin de toucher les enfants et les jeunes non scolarisés. Il est important, selon elle, de leur expliquer les raisons de l’adoption de cette loi, son utilité ainsi que les avantages qu’ils peuvent en tirer.

« Je ne connaissais pas l’existence de cette loi avant aujourd’hui. Mais ce que je constate au sein de la société, c’est que certains adolescents et jeunes utilisent déjà des méthodes contraceptives. Quoi qu’il en soit, l’information reste indispensable. Tout commence par l’éducation, y compris l’information des jeunes et des parents sur cette loi. Lorsque chacun connaît les droits auxquels il peut prétendre, il n’y a plus de honte ni de peur à se rendre dans un centre de santé, ce qui permet de réduire le nombre de grossesses non désirées et d’avortements », a pour sa part expliqué Andriantsiferana Mandaniaina Robinson, une étudiante de 24 ans.

Ces affirmations citée par ces jeunes encore étudiantes ont été confirmées par la directrice d’un établissement scolaire privé. Selon elle, au-delà de la vulgarisation de la loi relative à la planification familiale et à la prévention des grossesses non désirées, il serait également pertinent d’intégrer et d’approfondir l’éducation sexuelle dans les programmes scolaires.
« Dès la classe de huitième, l’éducation sexuelle devrait être introduite progressivement. De nos jours, les adolescents d’environ 12 ans sont déjà curieux et enclins à l’expérimentation, et paradoxalement, ce sont souvent les choses interdites qui les attirent le plus. Il est donc préférable de leur faire connaître l’existence de cette loi afin qu’ils puissent se protéger s’ils sont amenés à entrer dans une relation sexuelle », a expliqué Rabearivony Lovatiana Soloary, directrice de l’école privée O’TIPI.

Elle a conclu par un appel aux parents et à la société à faire preuve d’ouverture d’esprit et à cesser de considérer l’éducation sexuelle comme un sujet tabou.