Respect des droits et de la santé sexuelle et reproductive: Une charte d’engagement a été signée

Sexe

Il est constaté que de nombreux obstacles empêchent encore les Malagasy, notamment les enfants, les adolescents, les jeunes et les femmes, de jouir pleinement de leurs droits et de leur santé sexuelle et reproductive (SDSR). Les premiers obstacles se situent au niveau de la société. S’y ajoutent les interdictions imposées par le conjoint et la famille. Ces difficultés existent également dans les centres de santé, notamment en raison de l’absence ou de l’insuffisance des services et des produits de planification familiale. Selon les statistiques officielles, 15 % des femmes n’ont toujours pas accès aux services de planification familiale alors qu’elles souhaitent les utiliser, en raison des obstacles mentionnés.

Il est également évident que l’une des principales raisons empêchant les citoyens de jouir de leurs droits en matière de santé sexuelle et reproductive est l’insuffisance du budget alloué à la santé. Pour les années 2025 et 2026, le budget consacré à la santé représente environ 4 à 7 % du budget de l’état, dont un peu plus de 9 % est destiné à la santé sexuelle et reproductive, incluant la lutte contre le VIH/Sida. Pourtant, l’objectif fixé est de 15 % du budget national, conformément à la Déclaration d’Abuja.

Ainsi, une table ronde s’est tenue hier à Ivandry afin d’examiner les solutions à ces problèmes, qui ont des répercussions directes sur l’économie et l’avenir du pays.
« Les différents niveaux de responsabilité ont échangé leurs points de vue, notamment en précisant le rôle du ministère de l’Économie et des Finances, des parlementaires ainsi que de tous les ministères concernés par les enfants, les adolescents, les jeunes et les femmes, car les droits et la santé sexuelle et reproductive constituent une responsabilité partagée. Le budget alloué à la santé en général et à la santé sexuelle et reproductive en particulier reste faible dans notre pays. Les échanges et discussions ont donc porté sur les moyens d’augmenter les investissements dans la santé et dans la santé sexuelle et reproductive », a expliqué le Dr Rajoelina Miary Toky, directeur de la Santé familiale (DSFA).

Il convient de rappeler que la santé sexuelle et reproductive englobe la prise en charge des grossesses à risque et des nouveau-nés, la planification familiale, la lutte contre les violences basées sur le genre, la prévention des infections sexuellement transmissibles et du VIH/Sida, ainsi que la lutte contre le cancer du col de l’utérus et de la prostate. « Ce sont les priorités à Madagascar. Les enfants, les adolescents, les jeunes et les femmes peuvent pleinement s’épanouir dans la société lorsque leurs droits et leur santé sexuelle et reproductive sont respectés », a-t-elle souligné.

Outre le ministère de la Santé publique, plusieurs ministères ont participé à cette mobilisation en faveur du respect des droits et de la santé sexuelle et reproductive, notamment le ministère de la Population et de la Solidarité, le ministère de la Sécurité publique, le ministère de l’Économie et des Finances, le ministère de l’Éducation Nationale, le ministère de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, ainsi que le ministère de la Jeunesse et des Sports. Des partenaires tels que le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), IPAS et le projet WISH2/IPPF ont également pris part aux échanges. Les députés, qui adoptent les lois à l’Assemblée nationale, n’ont pas été oubliés.

Cette rencontre d’échanges et de recherche de solutions a également été organisée dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars. Elle s’est conclue par la signature d’une charte d’engagement, marquant la volonté de chaque partie prenante, sous la conduite du ministre de la Santé publique, de mettre en œuvre les recommandations formulées.