
Selon les chiffres officiels publiés, dix femmes meurent chaque jour lors de l’accouchement en raison de complications liées à la grossesse et à l’accouchement. Trois adolescentes âgées de 15 à 19 ans perdent également la vie à cause de grossesses précoces et non désirées.
L’Ordre Régional des Sages-Femmes d’Analamanga (ORSFA) a déclaré, vendredi dernier, lors de la cérémonie de présentation des vœux du nouvel an 2026 réunissant les sages-femmes des huit districts de la région Analamanga, que l’augmentation du nombre de sages-femmes à travers Madagascar constitue une solution majeure pour réduire la mortalité maternelle et infantile.
Au minimum, selon elles, il faudrait recruter mille sages-femmes supplémentaires chaque année pour travailler dans les Centres de Santé de Base (CSB) et les hôpitaux publics.
« Il faut veiller à ce que le nombre de sages-femmes soit proportionnel à la population afin que chacun puisse être pris en charge à temps et que les droits de tous, notamment ceux des parturientes et des patients, soient respectés », ont-elles souligné.
Bien que le recensement des sages-femmes exerçant dans la région Analamanga ne soit pas encore achevé, il est établi qu’elles sont plus nombreuses à Antananarivo Renivohitra, suivie d’Antananarivo Avaradrano et d’Atsimondrano. En revanche, elles sont moins nombreuses dans les districts d’Anjozorobe, Ankazobe, Andramasina, Manjakandriana et Ambohidratrimo.
Outre l’insuffisance du nombre de sages-femmes dans les services publics, le manque d’équipements et de médicaments dans la plupart des CSB constitue également un facteur contribuant à la mortalité maternelle et infantile.
« Nous travaillons chaque jour dans l’inquiétude, car le matériel est insuffisant, notamment les équipements de protection individuelle (EPI). Les médicaments nécessaires à la prise en charge des accouchements font également défaut. En cas d’hémorragie, la sage-femme devrait disposer d’anti-hémorragiques, mais les CSB n’en ont pas. Les matériels de dépistage pour les femmes enceintes, tels que les tests de dépistage du VIH/Sida et de la syphilis, sont insuffisants. Le fer et les vermifuges gratuits ne sont pas disponibles. Il manque également des gants pour effectuer les examens et les analyses », ont-elles ajouté.
Cependant, ces facteurs ne sont pas les seuls à faire augmenter le taux de mortalité maternelle et infantile. Les sages-femmes évoquent également la prolifération de personnes exerçant illégalement le métier de sage-femme à domicile, sans respecter les normes ni disposer de l’expérience requise. Souvent, ce n’est qu’en cas de complications qu’elles orientent les parturientes vers un établissement de santé, ce qui aggrave la situation. Elles demandent ainsi aux autorités compétentes de contrôler ces structures illégales.
Comme tout professionnel, les sages-femmes ont également leurs aspirations. Outre l’augmentation de leur effectif, l’ORSFA demande la mise en place de formations adaptées afin de leur permettre d’améliorer leurs compétences professionnelles.
« Toutes les sages-femmes devraient bénéficier de formations, y compris celles travaillant dans le secteur privé, afin d’acquérir l’expérience nécessaire pour réduire la mortalité maternelle et infantile. Nous devons aussi disposer d’équipements suffisants pour accomplir notre travail et nous protéger, ainsi que les autres, contre les infections liées à l’exercice de notre profession », ont-elles précisé.
Parmi les objectifs fixés par l’ORSFA pour l’année 2026 figure l’intégration de toutes les sages-femmes dans le cadre légal, c’est-à-dire leur adhésion à l’Ordre et le paiement régulier des cotisations. Il est également prévu de former toutes les sages-femmes au code de déontologie, de partager les bonnes pratiques d’accueil des patientes ainsi que les expériences et conseils professionnels afin d’harmoniser le niveau de compétence. L’ORSFA ambitionne par ailleurs de renforcer la solidarité entre ses membres et de les encourager à poursuivre leur mission avec dévouement et sagesse au service de la population, malgré le manque de personnel et la lourdeur des tâches.
Outre les vœux du Nouvel An, la cérémonie du vendredi 27 février a également été marquée par la présentation du nouveau bureau régional de l’Ordre des sages-femmes d’Analamanga.