Femmes en situation de handicap : Aimer, enfanter et vivre dignement malgré la discrimination

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« Nous, femmes en situation de handicap, avons le droit d’aimer, de fonder un foyer et d’avoir des enfants. Nous avons les mêmes besoins que tout le monde. »
Tels sont les propos de Raharivelo Lala, présidente de l’Association des Femmes Handicapées de Madagascar (AFHAM) dans la région Analamanga, lorsqu’elle s’est exprimée sur la discrimination dont sont victimes les femmes et mères en situation de handicap. Elle a souligné que, dans la société, l’idée selon laquelle ces femmes ne devraient ni se marier ni enfanter demeure encore très répandue.

Par ailleurs, elles sont souvent perçues comme un fardeau au sein de la famille et de la communauté. « En ce qui concerne les droits et la santé sexuels et reproductifs, les personnes en situation de handicap devraient pouvoir disposer librement de leur corps et faire leurs propres choix selon leurs besoins. Or, bien souvent, ce sont encore les familles qui décident à notre place, estimant que nous ne devrions pas avoir de vie sexuelle, car cela compliquerait davantage les choses. Pourtant, nous savons que nous sommes capables d’assumer nos choix. Mais face à ces obstacles, la peur s’installe, au point que certaines d’entre nous hésitent même à se rendre dans les centres de santé », a renchéri Ratotoarimanana Lalatiana, secrétaire nationale de l’AFHAM.

Ces mères de famille ont également tenu à préciser que, contrairement aux idées reçues au sein de la société, le handicap n’est pas héréditaire. Elles en veulent pour preuve le fait qu’elles ont des enfants en bonne santé, comme tout un chacun. Elles n’ont toutefois pas caché les difficultés liées à l’accouchement, la majorité des mères en situation de handicap étant contraintes de recourir à une opération césarienne en raison d’anomalies au niveau du bassin.

Outre la discrimination exercée par la famille et la société, ces mères de famille ont aussi indiqué que l’accès aux centres de santé reste un véritable défi, notamment pour les personnes ayant un handicap physique. Cette difficulté constitue également une atteinte à leurs droits, encore loin d’être pleinement respectés, selon Raharivelo Lala.

Il convient de rappeler que les personnes en situation de handicap ont, au même titre que tout le monde, le droit de jouir pleinement des droits et de la santé sexuels et reproductifs. Aucune loi en vigueur n’interdit leur mariage ni le fait d’avoir des enfants. Elles disposent également de la liberté de choisir le nombre d’enfants qu’elles souhaitent avoir ainsi que les méthodes de planification familiale qu’elles désirent utiliser.

Selon l’enquête MICS réalisée en 2018, les personnes en situation de handicap représentent environ 13 à 14 % de la population à Madagascar. La Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avancent quant à elles un taux de 15 %.