


Alors qu’autrefois les hommes et les femmes avaient des points de vue différents sur la planification familiale, aujourd’hui la majorité des couples partagent une même vision et avancent main dans la main, convaincus de l’importance de l’espacement des naissances. C’est notamment le cas de ces mères de famille et de leurs conjoints. De manière générale, ils aspirent tous à une vie de couple harmonieuse et stable.
« La planification familiale protège contre les grossesses non désirées et permet de mieux organiser le nombre d’enfants en fonction de nos capacités. Cela fait maintenant sept ans que j’y ai recours. Au début, j’utilisais les injections trimestrielles, puis j’ai opté plus tard pour l’implant au niveau du bras. Mon mari et moi avons pris cette décision ensemble, car avoir trop d’enfants alors que les moyens sont limités aurait des répercussions sur l’avenir de notre foyer et de nos enfants », témoigne Randriamirado Fenitriniaina Fifaliana, mère de famille de 28 ans, ayant deux enfants.
Un avis similaire est également partagé par Mandimbiarinoro Felaniaina, mère de famille de 35 ans et également mère de deux enfants. Selon elle, la crainte de grossesses rapprochées a poussé son couple à adopter la planification familiale. En effet, elle explique que ses règles sont revenues seulement un mois après la naissance de son premier enfant, ce qui les a conduits à prendre cette décision. Par ailleurs, la planification familiale constitue aussi une garantie pour l’amélioration de la situation financière du ménage. « Une femme peut travailler et gagner sa vie sereinement lorsqu’elle n’est pas constamment enceinte ou confinée à la maison pour s’occuper des enfants », souligne-t-elle. D’après son témoignage, cela fait huit ans qu’elle pratique la planification familiale, en utilisant exclusivement la pilule.
Les femmes en situation de handicap ont également le droit de recourir à la planification familiale. Parmi elles figure Ramiandrisoa Miora Fenotina, mère de famille de 36 ans, atteinte d’un handicap auditif. En 2020, après la naissance de son premier enfant, elle a commencé à utiliser le DIU, avec l’accord mutuel de son couple. Elle estime que le nombre d’enfants à avoir devrait dépendre des revenus du ménage afin que leur éducation ne devienne pas un problème ou une source de souffrance. Cette mère de famille a deux enfants et, jusqu’à présent, le couple n’envisage plus d’en avoir d’autres, raison pour laquelle ils poursuivent la planification familiale.
Un taux de recours très élevé
Selon les explications de la sage-femme Rafelantsoa Laingotiana, qui travaille au CSB de Manandriana ainsi que dans un centre de santé privé à Tsarafara, tous deux situés dans le district d’Avaradrano, le taux de recours des femmes aux services de planification familiale est élevé. Ce type de service est actuellement l’un des plus sollicités dans l’ensemble des centres de santé, précise-t-elle. Pour le CSB où elle exerce, elle indique qu’au moins 80 femmes par mois y recourent à la planification familiale. La situation est similaire dans les centres de santé privés, bien que le service y soit payant, avec un coût ne dépassant pas 5 000 ariary.
En résumé, la planification familiale ne se limite pas à la prévention des grossesses non désirées ; elle constitue également un levier essentiel du développement des ménages, de la communauté et du pays. Si le taux actuel de prévalence contraceptive est d’environ 43 %, l’objectif est de le porter à 60 % d’ici 2030.