Droits et santé sexuels et reproductifs: Une ouverture progressive de la société grâce à l’information et à l’éducation

Sdsr

Longtemps perçues comme des sujets tabous  au sein de la société , que ce soit dans le cadre familial, entre parents et enfants ou entre proches ; les questions liées aux droits et à la santé sexuels et reproductifs (SDSR)  commencent aujourd’hui à être abordées plus librement. De plus en plus de personnes se montrent ouvertes à ces thématiques, notamment grâce aux campagnes d’information relayées par les médias écrits, audiovisuels et numériques, ainsi qu’aux actions menées par les organisations spécialisées dans ce domaine.

Selon Ramparaoelina Tendry, coordinatrice de l’association de jeunes IYAFP Madagascar et volontaire engagée dans l’éducation et la sensibilisation aux droits et à la santé sexuels et reproductifs au sein des « fokontany » et des communautés, les échanges avec le public sont désormais plus faciles. « Les personnes concernées se montrent réceptives lorsqu’on leur explique de manière claire et détaillée les notions essentielles liées à ces questions, y compris celles portant simplement sur la connaissance du corps. Autrefois, faute d’informations, ces sujets étaient assimilés à des propos indécents ou immoraux, mais les mentalités évoluent progressivement », a-t-elle expliqué. Elle a également souligné que ces actions contribuent à soutenir les parents dans la transmission d’informations qu’ils peinent parfois à aborder avec les enfants et les jeunes.

Toutefois, elle a précisé que le niveau de connaissance des jeunes en matière de prévention et de protection en santé sexuelle et reproductive demeure insuffisant. Cette lacune figure parmi les facteurs favorisant la propagation du VIH/SIDA à Madagascar. La situation est aggravée par la diminution des financements, entraînant une raréfaction des préservatifs distribués gratuitement. « Des cas d’enfants infectés par le VIH/SIDA ont été recensés, et les enquêtes ont établi que la transmission s’est faite par voie sexuelle. Par ailleurs, certains jeunes ont également contracté le virus MPox à la suite de rapports sexuels », a-t-elle ajouté.

L’IYAFP Madagascar poursuit néanmoins ses activités de proximité, en organisant des descentes de terrain au moins deux fois par mois dans les « fokontany » et les communautés, indépendamment de la disponibilité des financements. Les formations qu’elle dispense s’adressent également aux « olobe », encore fortement respectées et influentes dans les zones éloignées de la capitale. En plus d’Antananarivo, l’association est présente à Toamasina, Mahajanga, Fianarantsoa, Toliara, Ambovombe et Mananjary.