Loi sur viol à Madagascar : HAUSSE DE PRIX IMMINENTE AU MARCHE INTERJUDICIAIRE DE LIBERTE

Le système de la mise en effectivité de la sécurité publique comporte deux éléments distincts. L’un s’appuie sur la timorité que le comportement d’un citoyen peut présenter dans la société. Et ce, pour écarter le mal éminent et le risque de danger auxquels l’être social devrait faire face. Ce premier système consiste en la prévention, plus précisément, la mesure préventive de sécurité telle le mandat de dépôt, l’internement psychiatrique et le placement au centre de rééducation des mineur(e)s en conflit avec la loi. Il est privé de caractères pénibles et diffamatoires.

Le Marché interjudiciaire de liberté (MIL)

Un autre élément de système de sécurité publique peut s’opérer dans les cités urbaines ainsi qu’aux villages ruraux. Il s’agit de la mesure restrictive, voire privative de liberté. Il se base sur le fait d’enfreindre les lois pénales à savoir l’atteinte à l’intégrité physique, à celui morale d’un citoyen et à ses biens. Ce système est l’option la plus prisée dans la Grande Ile, du fait que la culture malagasy connaît le recours au « per fas nefas » (justice et injustice) à la détention abusive d’une part, l’effectivité de la corruption dans tous les domaines d’autre part ; grâce aussi aux caractères imminés aux répressions.  Et il s’ensuit que l’incarcération devient un marché où l’on vend un titre de liberté à un coût fort onéreux ; où le faible – socio économiquement fragile – n’a pas droit de débattre le prix. Quelle loi de la jungle !

On fera attention ! Les cours sont encore sales. Suite de l’adoption de ladite loi sur le viol et de la déclaration solennelle de la lutte contre ce fléau national, les robes ont déjà la joie de voir et de suivre le flux de la hausse du cours de liberté au Marché Interjudiciaire de Liberté (MIL). Comme ça va de soi ; étant donné que les textes vivants applicables s’avèrent moins contraignant, cependant le prix de la liberté au MIL accuse une valeur inestimable, d’autant plus qu’ils sont rendus plus coercitifs, la liberté vaudrait alors les legs entiers de la famille. Quoi hériter les fils et filles d’un accusé de viol ?!

Développement du MIL : une participation familiale

La police devrait s’interdire également d’en rater l’occasion. Elle tenterait de trouver son compte dans le processus judiciaire dont il est nommé directeur. Afin de prospérer son mercantile ; elle n’observera point la loi contre les tortures et traitements cruels, inhumains et dégradants de sorte qu’elle donne des coups et des dagues aux inculpés ; elle incarcère ce dernier dans une cellule ou cachot des conditions extrêmement inhumaines.

Famille et parent de la vraie victime (comme existe-elle la fausse : le soi-disant et la volontaire victime –) de viol attendent la bonne voie aux argents faciles. Selon eux, leur prière est exhaussée ; l’abondance viendra.

« Qu’est-ce qu’elle est malsaine la famille de ma petite amie » !s’était exclamé un condamné de la maison centrale de la Capitale. Par ce sentiment et émotion, il avait essayé de se disculper tout en se lavant les mains concernant sa responsabilité pénale. Lui de poursuivre : « Je suis victime de la fausse accusation, d’autant plus l’erreur pourrait être judiciaire ».

La hausse de prix de liberté

Par conséquent, toutes les circonstances obligent : la peur d’être castré ou d’être mis sous le verrou à perpétuité pique dans le for interne, la crainte de l’infamie contraint si puissamment que l’on perdra du contrôle, et que l’on ne saura pas, non plus, où l’on mettra les pieds dans la société. Tout cela mettrait l’inculpé dans un dilemme cornélien – honneur ou argent –  qui le joint d’acheter aux coûts exorbitants la vérité pour être libre. Somme toute, le Marché Interjudiciaire de Liberté tourne toujours bel et bien de façon qu’il contribue les puissants corrompus à gagner plus de places dans la société,  au détriment de la couche fragile qui n’est capable qu’attendre l’Etat-providence lui accordant une détention libertaire.

Zafy REARY

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