LA DETTE SOUVERAINE :QUEL PROJET DE CIMETIERE

Le souverain suprême a bien choisi sa politique visant à accorder la priorité à l’humanisme dans ses programmes ; laquelle ne mérite pas d’une polémique du fait de ses caractères clairs et précis, pourtant qu’infaillible soit-elle, à ne pas oublier la maxime qui suit : Acta, non verba. Cette politique ne serait pas conséquente, d’autant plus que, pour une bonne gouvernance, on ne se partage point la même personnalité : le chef est tel que vous êtes, mais vous êtes tel qu’il n’en est guère. Et ceci étant qu’il est le souverain sage et visionnaire. Le noble à lui n’a fait que presque l’induire en erreur. Au fait, lui et ses sages regardent le même objet ; cependant ils n’y voient les mêmes intérêts. Vicissitude ! On n’a pas joué ensemble aux mêmes billes ; on n’a pas fréquenté la même école ni le même collège ; on n’a pas été enseigné de l’unique université de Madagascar.

On saura et nota bene :  nous sommes, tous, le produit de différents régimes successifs. Le premier avait hérité son règne du colonialisme ; le second avait gouverné avec une idéologie socialiste et imposé, en échec, la dictature prolétarienne ; le troisième avait administré sous la contrainte des bailleurs de fonds bien coercitive qu’il ne pouvait que se soumettre à la politique de libéralisme sauvage – la politique du flottement et la privatisation – etc. Les autres successeurs n’étaient/ sont que les héritiers des erreurs d’importance. Voilà pourquoi n’étant capable que de publier de beaux ouvrages démagogiques.

Toujours est-il à rappeler que l’humanisme ne date pas d’aujourd’hui. Il se faisait jour depuis l’époque de la Renaissance européenne ; était passé le Siècle des Lumières ; et avait trouvé son apogée dans les années quarante de XXème siècle, d’après Guerres. Comme étant conscient de l’importance de la vie humaine qui perdait sa valeur pendant les deux Guerres mondiales, et l’importance de la tolérance, notamment à propos de la race et de la religion, le monde entier, après avoir fondé l‘Organisation des Nations unies (ONU) en 1945, quelques années qui suivaient la fin de la Seconde Guerre mondiale, n’est pas tard de procéder à la DECLARATION UNIVERELLE DES DROITS DE L’HOMME, le 12 décembre 1948. Cette déclaration prône la primauté de la liberté et de l’égalité, en l’occurrence dans son article premier : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits (…). » Elle met aussi un accent fort sur la sécurité et le développement humains.

QUAND LE BATIMENT VA, TOUT VA.

Une référence historique à retenir : pour le rétablissement des villes et des industries et sociétés européennes qui avaient accusé des dégâts matériels importants, et afin de résoudre les problèmes de chômage conséquents, l’initiateur du Plan MARSHALL, plan de redressement de l’Europe d’après Guerres, devait reprendre le slogan du siècle de Lumières concernant l’urbanisation, qui affirme : Quand le bâtiment va, tout va. Grace à une politique pareille – la réalisation gigantesque et la mégalomanie – tout le monde a trouvé son compte. L’Etat remplit ses caisses et arrive à faire bien fonctionner ses machines administratives ; fonctionnaires et militaires jouissent d suffisamment bon et décent salaire ainsi que de la sécurité sociale.

La ville s’épanouie : les fleurs et les verdures gloussent des luxuriances ; le ciel fête son bleu ; l’eau serpente la ville et la campagne ainsi que pareille la lumière ; l’église et le temple sonnent leur cloche ; l’entreprise allume son sirène ; l’établissement scolaire hue son sifflet ; l’Université devient de plus en plus un moulin à l’intelligentsia.

Le père de famille s’acquiert à nouveau son statut de la providence du foyer ; la mère accomplit, avec fierté, tous ses devoirs de femme, et commence, avec confiance en soi, se faire femme en elle-même. Leur feu dessine avec allégresse sa peinture en pourpre et en jaune ; leurs marmites chantent avec joie l’abondance et la gourmandise. Raison pour laquelle, l’Europe a changé son nom patronymique en « PROSPERE ».

QUAND L’INFRA VA LA DETTE S’ACCROIT.

Mais, si on était à la place d’un souverain se prétendant un politique capable de tout faire, oserait-on avouer son erreur ? La Capitale continue à s’avérer morose, puisque les sages lui manquent, elle est surpeuplée. Et là, le chômage ouvre sa porte à la jeunesse ; l’insécurité y fait table-rase ; la corruption fait un appel à manifestation au public, la violence policière dicte sa loi. Ses faubourgs semblent ternes, pourtant leur journée fait son plein bar, leur soirée fait chanter ses karaokés et ses hirondelle nocturnes ; sa nuit danse à la diabolique.

Toutes ces conjonctures se conçoivent différemment pour tous, telles qu’ils ne se partagent pas de points de vue : certains les voient paradis où tout est bonheur, d’autres les critiquent enfer ; là, rien est meilleur. Quels pires marasmes que l’Etat a été induit en erreur. Mais, qui a le courage de lui reprocher : Quand l’infra va la dette s’accroît. Quelle mauvaise ambition ! On a tout essayé à Madagascar, mais rien ne s’est épanoui, tous sont endettés du passé, du présent et du futur. Toutefois, pour y faire face, le peuple ne peut manœuvrer que se résigner à ce que l’on cite : On a un beau projet de cimetière. Le programme de vingt mille logements de la seconde république et celui de la nouvelle ville se sont volés la face. Tant souveraine la dette qu’elle s’est contractée par la population, malgré lui, et est imposables à tous ; jusqu’à ce que l’on repose aux cimetières ; et l’ayant droit n’en héritera que le remboursement de l’intérêt et principal de manière qu’il n’a de quoi manger ni boire ; et qu’il n’habillera que des haillons.

Zafy REARY

chronique

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